J’ai découvert Zaï Zaï Zaï Zaï un peu par hasard ; comme souvent avec les livres qui nous marquent. Ma médiathécaire me l’avait recommandé en me disant : « Tu vas voir, c’est absurde, complètement décalé. » Je pensais simplement sourire. Je ne m’attendais pas à me retrouver à rire (bruyamment) dans mon canapé, sous les regards suspicieux de mon mari et de mes enfants. Ironique, quand on connaît le sujet…
Depuis, je suis devenue cette personne qui demande à tout le monde :
« Tu as lu Zaï Zaï Zaï Zaï ? Non ? Attends, il faut que je t’en parle. »

De quoi ça parle vraiment ?
Le pitch tient en une phrase :
un auteur de BD fait ses courses, oublie sa carte de fidélité, et se retrouve poursuivi comme un criminel.
Rien que ça.
Et pourtant, Fabcaro réussit à transformer cette minuscule étincelle du quotidien en un incendie collectif où médias, politiques, voisins, automobilistes et téléspectateurs se sentent obligés d’avoir un avis. On dirait Twitter avant l’heure. Ou… hier.
Ce n’est pas une histoire, c’est un miroir. Un peu déformant, mais terriblement juste.
Lire Fabcaro, c’est accepter de rire de notre société
Ce que j’aime chez Fabrice Caro, c’est qu’il ne juge pas. Il observe. Il décortique nos indignations, nos certitudes, nos phrases toutes faites. Il capte ces moments où la société s’emballe pour… rien.
Et il en fait de l’or comique.
Son humour a ce super pouvoir rare :
on rit, puis on se dit « Ah oui. C’est complètement ça. »
Mon expérience de lecture

Je l’ai lu d’une traite ; impossible de faire autrement. C’est court, rapide, rythmé comme un sketch permanent. On passe d’un témoignage absurde à un débat télé caricatural, puis à une scène de western sociétal.
Et à chaque page, je me disais :
« Non mais il a osé ! »
… puis je me disais « Oh oui, il l’a fait ! C’est un fou ! »
Je crois que c’est pour ça que cette BD fonctionne autant : elle nous prend au piège de nos contradictions. Avec justesse et ironie. Pas avec cynisme.
Une satire brillante, mais jamais prétentieuse
Beaucoup de BD ou romans satiriques cherchent à avoir raison.
Zaï Zaï Zaï Zaï cherche juste à faire réfléchir ; en riant.
Les thèmes m’ont frappée :
- notre besoin de désigner un coupable
- l’emballement médiatique
- la peur collective
- la bureaucratie absurde
- l’opinion instantanée comme sport national
C’est fou comme cette BD de 2015 n’a pas pris une ride.
Ou alors c’est nous qui n’avons pas évolué…
Le dessin minimaliste : un choix génial

Certains pourraient dire que les dessins sont simples. Oui et heureusement !
La puissance est dans le décalage : des visages immobiles, des répliques lunaires, un rythme impeccable. Comme si l’image gardait son sérieux pendant que le texte devenait fou.
Le résultat ?
Encore plus drôle.
Le genre de BD qu’on offre (et qu’on récupère)
Depuis, je le conseille à tous ! Mon argument : Lis ça et on en reparle. Tu vas voir c’est dingue.
C’est une BD parfaite pour :
- ceux qui n’aiment pas trop lire
- ceux qui lisent trop
- ceux qui ont besoin de rire
- ceux qui prennent tout trop au sérieux
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Ce que cette BD m’a offert
Une émotion : l’hilarité.
Et puis un fou rire que je contiens et qui revient chaque fois que je passe en caisse au supermarché.
Maintenant, je vérifie ma carte de fidélité comme si ma vie sociale en dépendait.
Merci Fabcaro.
Faut-il lire Zaï Zaï Zaï Zaï ?
Oui.
Surtout si :
- tu aimes l’absurde
- tu observes le monde avec un sourcil levé
- tu apprécies l’humour intelligent, sec, inattendu
- tu as besoin d’un livre qui fait du bien sans être creux
C’est un cadeau idéal, une lecture de week-end, un petit shoot de lucidité joyeuse.
Conclusion
Zaï Zaï Zaï Zaï est le genre de BD qu’on ne voit pas venir.
On commence en se disant « OK, pourquoi pas », et on finit en voulant l’offrir à tout le monde. C’est drôle, intelligent, tendre, moderne, universel.
Et surtout, ça nous rappelle qu’il faut parfois savoir rire de l’absurdité du monde… et de la nôtre.
